Allégations nutritionnelles : Le grand bluff ?

Allégations nutritionnelles

Alors que les rayons de nos supermarchés nous proposent toujours plus de produits designés pour satisfaire nos envies, nous nous sentons finalement bien souvent seuls face à cette abondance orchestrée par les industries agro-alimentaires et marketing. Quand il s’agit de l’alimentation, nous voulons tous bien faire, mais le fait est que nous sommes souvent à notre insu induit en erreur par ces allégations nutritionnelles que nous ne connaissons pas vraiment. Comment faire les bons choix ? Comment bien lire les étiquettes et décrypter les allégations nutritionnelles ? La réponse dans cet article.

Allégations nutritionnelles : que veulent elles vraiment dire ?

Les allégations nutritionnelles suggèrent qu’un aliment a des qualités nutritionnelles bénéfiques. Oui mais, on a quand même le sentiment qu’on ne nous dit pas tout. En terme d’allégations nutritionnelles mieux vaut en effet savoir exactement de quoi on parle. En effet, n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’arguments marketing.

Allégations nutritionnelles : Que veulent-elles vraiment dire ?

Le sucre

Sans sucres ajoutés : Il n’y a pas d’ajout de sucres ou de matières sucrantes lors de la fabrication. Ce qui ne veut par ailleurs pas dire qu’il ne s’agit pas d’un produit sucré naturellement. Vous l’aurez compris, cela ne veut pas dire SANS sucre.

Allégé en sucre : Le produit contient au minimum 30% de sucre en moins que le produit courant. Encore une fois, il ne s’agit pas forcément ici d’un produit peu sucré. Par exemple la confiture allégée en sucre reste un produit à forte teneur en sucre.

Sans sucres : L’aliment est très peu sucré, il ne contient pas plus de 0,5g de sucre pour 100g de produit.

Les graisses

Allégé en matières grasses : Le produit contient au minimum 30% de matières grasses en moins que le produit courant. Ce type de produit n’est pour autant pas forcément pauvre en matières grasses.

Pauvre en matières grasses : Il contient moins de 3g de lipides pour 100g ou 1,5g pour 100ml pour un produit liquide.

Sans matières grasses : Le produit contient moins de 0,5g de lipides pour 100g.

Autres allégations nutritionnelles

Teneur réduite en sel : Contient au minimum 25% de sel en moins que le produit de référence. Ce qui ne veut pas dire qu’il est peu salé.

Pauvre en sel : Ici, le produit ne contient pas plus de 0,12g de sodium pour 100g.

Source de vitamines et/ou minéraux : On trouve dans le produit au moins 15% des apports journaliers recommandés pour 100g.

Source de fibres : La teneur en fibres est supérieure ou égale à 3g pour 100g de produit.

Riche en … : La teneur dans le produit est au moins deux fois supérieure aux valeurs définies pour « source de… ». Ouvrez l’œil souvent ce type de produit n’est pas plus cher que le même produit « source de », pourtant en terme de qualité il y a une vraie différence !

 

Les limites des allégations nutritionnelles:

Vous allez me dire que c’est bien joli tout ça, mais où est le problème ? Le problème en terme d’allégations nutritionnelles ce n’est pas tellement ce que l’on nous dit mais plutôt ce que l’on oublie de nous dire.

Les campagnes de marketing sont fortes en matière de tromperie. Et c’est comme ça qu’en voulant trop bien faire on se retrouve à acheter ce chocolat trois fois plus cher en se disant que comme il est allégé en sucre on a quand même fait LA bonne action pour rentrer dans son maillot de bain cet été.

Et c’est là que l’erreur se cache. En fait, on a oublié de vous dire qu’il est aussi deux fois plus calorique puisqu’on a remplacé une grande partie du sucre par de la graisse. Et bien saturée la graisse, s’il vous plaît. Comme ça au moins, plus de doute possible quant à l’erreur qui vient d’être commise. Et puis, c’est sans rentrer bien sûr dans le débat aspartame sinon l’article serait trop long. Il en va de même pour vos céréales petit déjeuner, les biscuits que vous achetez pour vos enfants, les yaourts que vous essayez de bien choisir, etc.

Finalement, les allégations nutritionnelles ça peut être très bien mais le marketing a quelque peu perverti l’information. Heureusement, il existe des moyens bien plus fiables pour savoir si un produit est meilleur qu’un autre.

Allégations nutritionnelles : sur quoi se baser à la place ?

 

Allégations nutritionnelles

 

Si on ne peut pas se fier aveuglément aux messages inscrits sur les emballages de nos produits, d’autres informations simples peuvent nous orienter. Il est vrai que le tableau nutritionnel au dos des paquets donne encore le sentiment qu’il faut avoir fait 3 ans d’études pour réussir à le décrypter. Cependant, il reste quelques réflexes à adopter et qui vous permettront de vous faire une idée rapide sur un aliment.

Les informations à regarder :

La liste des ingrédients : Sachez que l’ordre des ingrédients dans cette liste est primordial ! En effet, les aliments entrant dans la composition sont indiqués par ordre décroissant. Par exemple, si sur un emballage de biscuits au chocolat le sirop de glucose-fructose arrive avant la farine il peut être judicieux d’en choisir d’autres. Veillez à toujours retrouver un ingrédient cohérent avec le produit en première position.

La longueur de cette même liste : Plus elle est courte, mieux c’est ! Considérez que plus le produit en question contient d’ingrédients imprononçables, plus il est néfaste pour votre santé. Il en va de même pour les additifs (notés E324, E132, etc.) et tous les noms se terminant par –ose.

Le % des ingrédients mis en avant : Lorsqu’un produit fait entrer le nom d’un aliment dans sa désignation, vous retrouvez son pourcentage dans la liste des ingrédients. Par exemple, des nuggets au poulet. C’est ainsi que l’on se retrouve avec des nuggets contenant 30% de poulet alors que d’autres en contiennent 75%. Ca peut valoir le coup de regarder.

Les matières grasses : Dans le tableau nutritionnel vous verrez toujours apparaître les lignes Lipides x g… Dont acides gras saturés x1 g. En bref, veillez toujours à ce que les acides gras saturés soient le moins élevés possibles dans le produit. Si vous avez le choix entre deux produits, choisissez celui qui contient le moins d’acides gras saturés.

Les glucides : Vous verrez également toujours les lignes glucides x g … dont sucres x1 g.

Si vous avez le choix entre deux produits, prenez celui qui contient le moins de sucres.

Autres astuces :

Essayez au maximum d’acheter des produits locaux, de saison et bios.

Choisissez des ingrédients bruts et simples puis cuisinez-les. Par exemple, plutôt qu’une tarte salée préparée, achetez vos ingrédients séparément et cuisinez vous même votre tarte. Vous seriez surpris de la quantité d’additifs, sucres, conservateurs, exhausteurs de goûts etc. que vous évitez ainsi à votre organisme !

Ne vous fiez pas au packaging trompeur. Par exemple, la mention « un verre équivaut à un fruit » sur une bouteille de jus d’orange est loin de la réalité.

Etiquetage alimentaire : Le logo Nutriscore dans tout ça ?

Allégations nutritionnelles

Le logo Nutri score est le logo qui a longuement fait parler de lui ces derniers mois. En effet après avoir été longuement débattu puis testé il a finalement été mis en place par le ministère de la santé. En théorie le logo Nutri score vise à simplifier l’information nutritionnelle pour le consommateur. Il répartit produits alimentaires en 5 classes. Les produits sont ainsi classés du vert (haute qualité nutritionnelle) au rouge (à limiter). J’ai analysé pour vous ce logo en tentant de vous donner un avis objectif.

Les + :

Il simplifie la vie du consommateur qui peut d’un coup d’œil comparer deux produits similaires.

Il n’y a plus besoin d’avoir fait 10 ans d’études pour choisir ses céréales.

C’est un pas en avant significatif. Ce type de logo est en fait présent dans de nombreux autres pays. On peut alors considérer qu’en terme de prévention et de nutrition des initiatives sont enfin prises.

Ce logo pousse les industriels à améliorer qualitativement leurs produits puisque le consommateur a enfin le droit de savoir ce qu’il consomme.

Les – :

La réglementation ne permet pas de rendre ce logo obligatoire. En gros, seul les industriels qui le veulent bien jouent le jeu. On ne peut encore pas parler de transparence, l’information nutritionnelle reste très incomplète.

Il faudrait mieux expliquer ce logo et l’accompagner de prévention. En effet, attention au clivage. Il n’y a pas de sens à exclure les aliments « rouges » pour consommer exclusivement les « verts ». L’alimentation ne peut pas être réduite à trois couleurs.

Ce logo ne dispense pas de lire les étiquettes des produits. Outre le taux de sucres, matières grasses, sel pris en compte par le nutriscore il est intéressant de se pencher sur la nature de ces composés.

Encore une fois, on ne nous dit pas tout. Ou sont passés les édulcorants, conservateurs, nitrites, etc. dans la mise en place du calcul du nutri score ? A ce jour, ils ne rentrent en effet pas en compte. Il peut être tout à fait « vert » de choisir un aliment plein d’additifs.

 

En conclusion, au delà d’une critique cet article a pour vocation d’aider à faire les bons choix. Bien que contrôlées, les allégations nutritionnelles doivent être prise en compte avec du recul. Il existe des moyens simples et bien plus efficaces de faire de bons choix en matière d’alimentation. Il suffit de savoir ce que l’on nous vend réellement derrière ces belles mises en avant et d’avoir les bons réflexes. J’espère vous avoir éclairé à ce sujet, et que vous mettrez ces quelques conseils en pratique lors de vos prochaines courses. Je vous invite à lire cet article qui vous donnera des informations complémentaires pour vous assurer de manger sainement.

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